lundi 15 novembre 2010

Et si on pouvait tout recommencer?

Alors, cela fait un GRAND petit moment que je ne viens pas alimenter mon blog d'un petit message. Et pour cause, lorsque l'on travaille vraiment, on ne voit pas le temps passer. Passer du statut d'étudiante à celui de travailleur, de stagiaire(certes pas encore salariée, ce sera pour la prochaine!) a été pour moi un véritable changement dans ma vie. Pas le temps de s'ennuyer, mais  pas le temps de prendre son temps, pas le temps de voir tout ce qu'on veut voir, pas le temps de réfléchir à tout ce qu'on veut réfléchir. En bref, pas le temps de prendre du recul...

Et si on vous disait que vous pourriez tout recommencer, feriez-vous les choses autrement? Moi oui, certainement, je ferai un bon nombre de choses différemment. 

En attendant, j'ai eu l'occasion de recommencer au moins une chose: il y a un mois, on m'a confié une classe supplémentaire. J'ai d'abord été accablée par la nouvelle, cela signifiait 4h de cours en plus par semaine. Puis je me suis rendue compte qu'on me confiait un deuxième MODULE 1 et que ce serait pour moi l'occasion parfaite de recommencer à zéro, de reprendre toutes mes préparations et de faire encore mieux et encore plus fort, en effaçant mes erreurs et tout ce qui n'a pas fonctionné.
Me voilà donc, assurant des journées à 5h de cours sans interruption, ravie de pouvoir être plus efficace.
Et ça marche! c'est incroyable comme en l'espace de trois mois on peut autant s'améliorer. je me sens beaucoup plus confiante, je sais prévoir les questions des apprenants avant même qu'ils ne pensent à les poser. J'arrive à trouver d'autres chemins afin d'expliquer les choses. Je suis plus inventive...
Mais il y a un mais. Pour cette classe, je n'ai pas un semestre pour leur faire intégrer 4 unités de la méthode, mais bien trois mois. Adieu les activités complémentaires à gogo et le vocabulaire en bonus!!! C'est assez frustrant!
A un moment donné, est-on satisfait de ce que l'on fait?

dimanche 15 août 2010

Deux semaines après...

Nous sommes le 15 aout 2010, il est 17h, cela fait maintenant presque trois semaines que j’ai changé de vie. Et (déjà ?) deux semaines de cours derrière moi, à l' Alliance française de João Pessoa, au rythme (provisoire) de 16h par semaine…  Je fais maintenant partie d’une nouvelle espèce, bien connue de nous tous, puisque longtemps étudiée, mais jamais palpée : les Fletistes (à ne pas confondre avec les flutistes, joueurs de flûtes, flûtes traversières, pipos et autres tubes troués).

Fletiste : nom générique désignant les membres d’une certaine tribu, unis par les mêmes angoisses, difficultés et préoccupations en tout genre. Leur quotidien tourne autour de notions abstraites telles que : « enseigner », « apprenants », approche actionnelle », « grammaire du français », « unité didactique », « objectif de communication », « niveau du CECR » et autres délices.
Milieu naturel : partout dans le monde, particulièrement là où ils ne connaissent personne, sont éloignés de tout ce qui leur est familier et où ils peuvent accepter des missions suicidaires. Pour ma part, ma transformation a eu lieu à João Pessoa, (petite) ville du Nordeste du Brésil, une des plus anciennes du pays, capitale de l’Etat de la Paraíba. Avec ses presque 700 mille habitants, elle représente le point le plus oriental des Amériques : le soleil se lève d’abord ici. Et ici, tous les ingrédients sont présents pour donner l’impression d’être sous les tropiques : la chaleur, l’humidité (il pleut encore pas mal, c’est l’hiver), les cocotiers, la plage à 3 minutes à pied, le sable, les brésiliens qui envahissent la maison sans que tu saches vraiment qui ils sont, la bouffe composée à 90% de riz, pâtes, haricots noirs et patates, les jus de fruits que tu ne savais même pas que ça pouvait exister, la musique super forte du voisin d’en face à 23h. Bref, pour ma part que de bons souvenirs !
Nourriture : internet, méthodes de français et bouquins divers. Comme c’est dur d’être intéressant tous les jours de la semaine, avec toutes les classes. Et le pire c’est que si tu ne l’es pas, on va te le reprocher, on pourra voir la déception dans les yeux de tes chers apprenants. Alors tu cherches, cherches des idées, partout, tout le temps, même pendant ton sommeil. Mais ça ne suffit pas : tant pis, aujourd’hui, on suivra bêtement la méthode. La méthode c’est bien : c’est un fil rouge que tu peux et dois suivre afin de remplir tous les objectifs. Les adultes l’aiment bien, et se préoccupent de bien la suivre, de faire toutes les activités proposées : « Mais professeur (oui c’est moi !), on ne fait pas les pages 14 et 15 ? ». Non Madame écrire une liste de prénoms français n’est pas une activité que je trouve intéressante. Avec les ados par contre : « Professeur, on ne peux pas faire des activités dynamiques ? ». Non mademoiselle, on ne peut pas rester 1h30 debout dans la salle de classe : il y a des moments où il faut se poser et réfléchir. « Avec notre ancien professeur, on allait faire des jeux dans le jardin », d’accord, maintenant je connais le niveau que je dois atteindre pour arriver à les intéresser. Mais il y a aussi des moments de grande satisfaction : lorsqu’une mère vous appelle pour dire que sa fille ne viendra pas mais qu’elle veut à tout prix savoir les devoirs car elle aime vraiment beaucoup les cours (YES !). Ou encore lorsque 2 jeunes filles discutent en disant « elle est pas chou la prof ? ». Enseigner : je pense que maintenant j’ai ça dans le sang. N’ais-je pas réussi à faire passer la pilule des verbes pronominaux à des ados pré-pubères plus occupés à savoir s’ils pouvaient sortir 10 minutes avant la fin ? Pourvu que ça dure !


Je vous tiens au jus !

dimanche 18 avril 2010

Promotion de notre blog éducatif!!

Oyez, oyez!!!!

Je déclare notre blog éducatif "Les bruits du Français!!!" officiellement ouvert. Né d'une collaboration étroite entre Solène, Josy et moi-même, il est en ligne depuis début avril. 


Nous avons finalement décidé de traiter le thème des onomatopées de la langue française. Il est adressé aux enfants de l'école primaire pour qu'ils découvrent, par exemple, comment fait le chat en français ("Miaou"), qu'est-ce qu'on dit quand on veut mimer le bruit de l'eau ("Glouglou") ou encore quel bruit fait le camion de pompiers français ("Pin-pon"). Nous considérons notre blog comme un outil pour l'enseignant qui pourra s'en servir et guider ses petits élèves à travers nos différentes pages. Ils disposeront ainsi d'un moyen pour mémoriser plus rapidement du vocabulaire et pour s'intégrer plus facilement dans les jeux des cours de récré!!! C'est aussi une façon pour eux de comparer leurs langues et cultures à d'autres et aussi bien sûr... de s'amuser!!

Vous pouvez donc, si vous voulez, y faire un petit tour et dire ce que vous en pensez!!

Voici l'adresse:

(Pourquoi "Somajo"? Parce que Solène, Marine, Joseandra! Et oui, on n'a pas réussi à changer l'adresse!)

dimanche 14 mars 2010

Le WebQuest: parce qu'il faut toujours être à la page!!

Puisque vous êtes tous des profs de français modernes et dynamiques, toujours à la recherche du dernier truc à la mode, vous cherchez sûrement des informations sur le « Webquest ». Et comme vous ne comprenez pas un mot d'anglais, sachez qu'en français il existe plusieurs traductions: « mission virtuelle », « cyber-mission », « enquête virtuelle », « MissionWeb », « InterQuête » ou encore « quête guidée ».
Tous ces termes ont été crées pour désigner un nouveau dispositif didactique qui nous vient tout droit des Etats-Unis. L'objectif du WebQuest est de centrer l'apprentissage sur l'apprenant pour qu'il développe son autonomie: il devra rentrer dans un jeu de rôle et aura certaines missions à accomplir. Pour cela, il dispose de ressources qui se trouvent sur le net.
L'enseignant de son côté tient le rôle de guide: il donne des fiches de travail et des adresses internet à ses apprenants pour que leurs recherches soient productives et que la motivation soit toujours de la partie!
Le WebQuest s'apparenterait donc à la simulation globale que l'on peut mettre en place en classe de FLE: l'apprenant a un rôle actif, il doit organiser son travail (surtout s'il est en équipe) et peut tellement se prendre au jeu  qu'il en oublie que la mission est simulée. Mais le WebQuest présente des avantages supplémentaires: il permet le recours aux nouvelles technologies, ce qui élargit l'espace de la classe sur l'extérieur et permet à l'apprenant d'être plus rapide et efficace dans sa mission (source de motivation).
C'est un certain Bernie Dodge, en 1995 qui s'est amusé à définir le WebQuest. En voici les étapes:
1)l’introduction (orienter l’élève et capter son intérêt)
2) la tâche (ce que l’élève doit avoir accompli à la fin du WebQuest)
3) le processus (l’ensemble des étapes que l’élève doit parcourir pendant l’activité)
4) les ressources (les sites web repérés au préalable par le professeur, mais aussi d’autres ressources)
5) évaluation (les critères ou la grille dévaluation).
6) conclusion – (bilan des acquis, réflexion sur son apprentissage)

Vous l'aurez compris, le WebQuest suppose un minimum d'organisation et surtout de matériel pour pouvoir le mettre en place: des ordinateurs et internet à disposition pendant plusieurs séances!! Ce n'est pas à la portée de toutes les bourses!

Et vivent les TICE!!

Sources:
http://webquest.org
http://www.langues.ac-versailles.fr/spip.php?article115
http://www.teach-nology.com/web_tools/web_quest/
http://station05.qc.ca/css/cybersite/webquest/workshop/francais/francais.htm
http://www.infobourg.com/sections/chemises/afficheChemise.php?idChemise=53&id=13027

lundi 22 février 2010

Parce que Blog éducatif!

Oulala!!

Je sais, ça fait à peu près 150 ans que je n’ai pas posté d’article sur mon blog, je vous avais d’ailleurs prévenus, ce n’est pas mon truc, surtout d’entretenir et de faire vivre une page virtuelle. J’ai déjà du mal avec mes plantes vertes !
Bon, dire que ça fait 150 ans, c’est assez exagéré…. Pas tant que ça en fait, ici dans le sud, on n’a pas de mal à exagérer et dans le langage courant ça prend souvent des proportions… démesurées !! On n’y peut rien, c’est une façon de parler: on n’aura pas de mal à dire « eh bouge toi ah ! Ça fait 100 ans que je t’attends ! » Ou bien « et nan, j’y vais pas à pieds chercher le pain ! C’est à 500 kilomètres ! ». Enfin bref, vous l’aurez compris, pour ceux qui ne sont pas d’ici, ça peut paraître bizarre, surtout pour un étranger. Alors pourquoi pas en faire le thème d’un blog éducatif ?

Je m’explique. Ayant été moi-même une étrangère au milieu de natifs parlant leur propre langue, je peux dire que la volonté d’un apprenant d’une langue n’est pas seulement de comprendre et de se faire comprendre mais aussi d’aller plus loin, en essayant de se fondre dans la masse des natifs et même pourquoi pas de se faire passer pour l'un d'entre eux afin d’arrêter d’être observé comme une bête curieuse. Cela est possible grâce à la connaissance des proverbes, expressions ou façons de parler.

J’imagine donc un blog éducatif basé sur l’oralité, afin de faire découvrir à des apprenants des proverbes et expressions françaises expliquées en situation et illustrées. Mais pas seulement, l’apprenant pourra choisir sa catégorie : langage des « jeun’s » par exemple pour ceux qui s’apprêtent à passer un an dans un lycée plein de petits français, ou encore des différences régionales comme un vocabulaire typiquement marseillais ou breton pour ceux qui viendraient visiter ces régions spécifiques. Mon idée est donc de commencer ce grand répertoire explicatif bien illustré, de proposer des activités de mise en situation, de faire imaginer des contextes pour telle ou telle expression. Et de faire participer les visiteurs du site pour qu’ils viennent enrichir cette base de données avec leurs propres connaissances ou expériences. Ils seront ainsi utilisateurs mais aussi acteurs dans le blog.

Je ne sais pas si j’ai été assez claire dans mon explication. L’idée générale est de donner les moyens aux apprenants de s’intégrer le plus rapidement à l’environnement qu’ils rencontrent. Connaître des expressions typiques peut mettre fin à un certain gêne ou à la peur de ne pas avoir le niveau.

Qu’en pensez-vous ?